Peut-on vraiment changer de banque facilement avec le service de mobilité bancaire ?

Si changer de banque peut permettre de réaliser de réelles économies, cela s’apparente souvent à un véritable parcours du combattant. Prélèvements interrompus, changement de domiciliation pris en compte en dehors des délais et virements retardés, autant de freins qui peuvent décourager de nombreux candidats au changement. C’est pour permettre de lever ces freins que le service de mobilité bancaire a vu le jour. Mais tient-il réellement ses promesses ? Comment se passe le changement en pratique ? Voici tout ce que vous devez savoir.

Qu’est-ce que le service de mobilité bancaire ?

Lorsque l’on décide de quitter sa banque, le changement de domiciliation peut s’avérer fastidieux, aussi bien auprès des émetteurs de virements sur le compte que des créditeurs récurrents. Une situation loin d’être sans conséquence, qui peut rapidement vous placer dans l’embarras. Pour mettre un terme à cette situation, la loi Macron prévoit que, depuis le 6 février 2017, les établissements financiers ont l’obligation de proposer un service de mobilité bancaire à leurs clients. Celui-ci doit être gratuit et une documentation détaillée reprenant de manière claire les prestations effectuées, avec leur délai d’exécution remise au nouvel entrant. Vous restez, bien sûr, libre de refuser cette offre si vous préférez accomplir les démarches en personne.

Le service de mobilité bancaire en pratique

Contrairement aux idées reçues, le déroulement des opérations est assez simple. Afin de faire les changements nécessaires en votre nom, la banque dans laquelle vous ouvrez votre nouveau compte vous remet un document appelé mandat de mobilité. C’est lui, une fois dûment complété et signé qui lui en donne le droit. Il convient de le remplir avec soin pour éviter toute erreur ou ralentissement dans les démarches. Vous devrez fournir le RIB du compte concerné, en retour de quoi le banquier vous indiquera quelles sont les opérations impactées par la mobilité. Il vous appartient de contrôler que la liste dressée est bien complète. Vous aurez également à renseigner la date d’arrêt de chacun de vos virements permanents, votre souhait concernant le devenir de votre ancien compte (clôture ou non) et le cas échéant, la date du versement de son solde. Une fois ces démarches achevées, la banque dispose d’un délai précis pour s’acquitter de ses obligations, faute de quoi vous disposez d’un recours.

Les limites et les exclusions du service

Si le service de mobilité bancaire comporte de nombreux avantages, il est également important d’en noter les limites et les exclusions. A commencer par le fait qu’il soit réservé aux seuls particuliers. Les détenteurs de comptes professionnels, ainsi que les associations ont toujours à charge de s’occuper eux-mêmes des démarches relatives à leur changement d’établissement. Seuls les comptes de dépôts, autrement dit les comptes courants, sont concernés par cette obligation. Les livrets d’épargnes et autres compte titres n’y sont pas soumis. Si vous détenez un ou plusieurs de ces produits, un seul choix s’offre à vous : les clôturer puis ouvrir leur équivalent dans la banque de destination. Attention également si vous avez souscrit à un crédit, qu’il s’agisse d’un emprunt immobilier ou à la consommation, c’est à vous, là encore, de faire le transfert de celui-ci dans votre nouvelle banque, après avoir vérifié qu’aucune clause de votre contrat ne s’y oppose.

Effet d’annonce ou réelle efficacité ?

Si l’idée est, en théorie, excellente, il est légitime de s’interroger sur l’efficacité réelle de la mobilité bancaire. S’agit-il vraiment de la petite révolution promise, ou n’est-ce qu’un effet d’annonce comme le secteur en a déjà connu ? Alors que la loi est entrée en vigueur depuis plus d’un an, il semble que le bilan soit mitigé, aussi bien du côté des consommateurs que de celui des banquiers. Le principal problème rencontré tient au respect des délais imposés aux établissements. En effet, le texte prévoit qu’une fois le mandat signé, la banque dispose de 5 jours ouvrés afin d’informer émetteurs de virements et débiteurs des nouvelles coordonnées du client. Un temps fréquemment dépassé, au grand damne des clients. Les professionnels évoquent, eux, des difficultés techniques qui rendent très difficile la tenue d’une échéance si courte. Les limites de la mobilité bancaire réduisent également l’efficacité du dispositif de manière significative. Dans les faits, une grande partie des personnes qui décident d’ouvrir un nouveau compte conserve ses produits d’épargne dans son ancien établissement bancaire, notamment pour ne pas perdre les avantages fiscaux liés. Une situation qui permet, du même coup, à la banque initiale de ne pas perdre totalement un client.

Quelles sont les banques les plus efficaces en matière de mobilité ?

Parmi les principaux établissements bancaires, aucun ne semble se distinguer en ce qui concerne le fameux service de mobilité. Si chacune vante sa réactivité pour attirer les futurs clients, une fois le mandat signé, les performances varient peu aux dires des utilisateurs. La rapidité de l’opération semble varier d’une agence à une autre plutôt d’être une affaire de banque. Les banques en ligne, en revanche, semblent globalement avoir davantage de difficultés que leurs homologues traditionnelles. Si vous envisagez de vous laisser séduire par l’une de ces agences 2.0, il semble plus prudent d’effectuer les opérations vous-mêmes et de conserver votre ancien compte bancaire le temps de la transition. Compte tenu de la démocratisation de ces dernières et de la demande croissante des particuliers, ce retard ne devrait cependant pas tarder à s’atténuer.

Service de mobilité bancaire : notre avis

Si vous souffrez de phobie administrative et que vous êtes peu à l’aise avec la paperasse, le service de mobilité bancaire peut présenter un intérêt pour vous. Surtout si vous ne disposez que d’un compte courant. Encore faut-il vous y prendre suffisamment à l’avance pour être certain que vos nouvelles coordonnées bancaires puissent être prises en compte à temps pour ne pas perturber des opérations importantes. Les personnes âgées pourront également y trouver avantage.

Vous détenez des produits d’épargne ou avez souscrit à un emprunt ? Alors, quit à devoir effectuer des démarches, autant vous charger également de celles liées à votre compte principal vous-même. Il arrive souvent que ce soit, au final, bien plus rapide que de vous en remettre à votre nouveau banquier. En définitive, si le service fonctionne, on ne peut que déplorer ses limites et le public restreint auquel il s’adresse. Pas sûr qu’il puisse aider les usagers de banques à faire jouer la concurrence et incite les établissements financiers à baisser leurs tarifs.

Rendu obligatoire depuis 2017 par la loi Macron, le service de mobilité bancaire avait, sur le papier, tout pour séduire. En chargeant la banque d’arrivée d’effectuer les démarches de mises à jour des coordonnées auprès des créditeurs et débiteurs d’un compte, il devait permettre de simplifier le changement d’établissement. Avec pour conséquence de faire jouer la concurrence et d’inciter à la baisse des services financiers. Cependant, le fait qu’il ne s’applique qu’aux seuls comptes courants des particuliers imite son utilité. Côté efficacité, le délai de 5 jours imposé peine à être respecté. S’il séduira les personnes peu à l’aise avec les démarches et ceux qui ne détiennent aucun produit complémentaire, les autres auront tout intérêt à se charger de l’opération eux-mêmes. Dommage, car cette initiative semblait être la réponse idéale à un réel besoin.